Avec Les fleuves du ciel, Elif Shafak signe un roman ample et lumineux, où trois destins, trois époques et trois lieux se rejoignent par le fil de l’eau. Une fresque profondément humaine, entre histoire, spiritualité et poésie.
Comme chaque samedi, Socha retrouve Christine Calmeau pour son coup de cœur lecture. Aujourd’hui, place à un roman foisonnant et profondément émouvant : Les fleuves du ciel, le dernier ouvrage de Elif Shafak, paru chez Flammarion.
Écrivaine d’origine turque installée à Londres, Elif Shafak est reconnue pour ses récits ambitieux et sensibles, où se croisent histoire, identité et mémoire. Avec Les fleuves du ciel, elle compose une grande fresque intergénérationnelle, portée par un élément universel et vivant : l’eau. Trois destins, trois époques, trois trajectoires reliées par le cours imprévisible des fleuves.
Le roman s’ouvre à Londres, en 1840. Arthur, jeune orphelin doté d’une mémoire prodigieuse, travaille comme apprenti dans une imprimerie. Tandis que la Tamise borde son quotidien, son imaginaire s’ouvre peu à peu vers un autre fleuve mythique, lointain et fascinant : le Tigre.
Changement d’époque et de décor : nous voilà en 2014, en Turquie. Naryn, une petite fille yézidie, traverse avec sa grand-mère des terres meurtries longeant le Tigre. Leur espoir : atteindre la vallée sacrée de leur peuple afin que l’enfant y soit baptisée. Un voyage fragile, empreint de foi, de mémoire et de survie.
Enfin, retour à Londres, à notre époque. Zaleekhah, hydrologue passionnée par la mémoire de l’eau, vient de s’installer sur une péniche après l’échec de son mariage. En quête de reconstruction, elle voit son existence bouleversée par la découverte d’un livre mystérieux, intimement lié à ses origines.
Comment ces destins se rejoignent-ils ? Christine se garde bien de le révéler. Les fleuves du ciel est un roman qui se savoure lentement, mêlant histoire, géographie, poésie et spiritualité. Elif Shafak y célèbre l’eau qui coule, qui relie les êtres et les cultures, qui efface parfois, mais surtout qui conserve la mémoire des hommes. Une véritable odyssée poétique, confirmant Elif Shafak comme l’une des grandes conteuses de notre temps.
On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau coup de cœur lecture.
Fini les souffles fatigués des vieux magnétophones, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans les imperfections d’hier.
Le coup de coeur littéraire avec Christine Calmeau