Avec Caledonian Road, Andrew O’Hagan signe un roman ample et acéré, portrait d’un Londres en pleine fracture. Une satire sociale puissante où destins individuels, argent et pouvoir s’entrechoquent dans une époque en perte de repères.
Comme chaque samedi, Socha retrouve Christine Calmeau pour son coup de cœur lecture. Cette semaine, direction Londres, avec un roman ambitieux et foisonnant : Caledonian Road, signé par Andrew O’Hagan et publié chez Métailié.
Auteur écossais majeur, plusieurs fois nommé au Booker Prize, Andrew O’Hagan est reconnu pour son regard d’une grande finesse sur la société contemporaine. Avec Caledonian Road, il compose une vaste fresque sociale, dense et lucide, qui ausculte les tensions, les contradictions et les illusions de notre temps.
Nous sommes à Londres, en 2021. Campbell Flynn est historien de l’art, respecté et médiatique. Il vient de connaître un succès retentissant avec sa biographie de Vermeer. Né dans un quartier populaire de Glasgow, il a pourtant épousé une cousine de la famille royale. Progressiste convaincu, homme cultivé, Campbell pense avoir définitivement laissé derrière lui les menaces de son enfance.
Erreur fatale. Car il ne voit pas non plus que le monde autour de lui est en train de basculer. Commence alors une lente et implacable descente aux enfers, à la fois personnelle et morale. Autour de lui gravitent une multitude de personnages : politiciens, artistes, activistes, migrants, profiteurs… Tous se croisent dans les artères de Londres, là où la richesse côtoie la précarité, où le capitalisme triomphant révèle aussi ses failles et son déclin.
Christine se garde bien de dévoiler comment Campbell résistera — ou non — à cette année fulgurante. Ce que l’on peut dire, en revanche, c’est que Caledonian Road évoque un Dickens moderne, sans concessions, montrant comment l’argent, le pouvoir, la politique et les rêves individuels finissent par fissurer les existences. Près de 700 pages portées par un humour grinçant, une énergie constante et une satire sociale redoutablement efficace. Un roman dense, impossible à lâcher.
On se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle proposition de lecture.
Fini les grésillements des vieux postes à lampes, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans les désagréments de l’époque.
Le coup de coeur littéraire avec Christine Calmeau