Lauréat du Grand Prix de littérature américaine 2025, Le Compromis de Long Island de Taffy Brodesser-Akner déploie une vaste saga familiale, entre argent, traumatismes et héritages invisibles. Un roman drôle, cruel et profondément humain.
En ce samedi dédié à la lecture, Socha retrouve Christine Calmeau pour un coup de cœur couronné par l’un des prix les plus prestigieux de l’année : le Grand Prix de littérature américaine 2025. Le roman s’intitule Le Compromis de Long Island, signé par Taffy Brodesser-Akner, journaliste au New York Times Magazine, révélée au grand public avec Fleishman a des ennuis, adapté en série.
Publié chez Calmann-Lévy, ce deuxième roman est une fresque familiale ambitieuse qui traverse quarante années de l’histoire d’une dynastie juive américaine. Au programme : traumatismes enfouis, argent omniprésent, désirs inassouvis et ambitions parfois dévorantes.
Tout commence le 12 mars 1980. Carl Fletcher, homme d’affaires prospère de Long Island, est enlevé alors qu’il part travailler. Un choc brutal pour son épouse Ruth, enceinte, et pour leurs fils. Si Carl est finalement libéré après le versement d’une rançon, rien ne sera jamais vraiment réparé. Quarante ans plus tard, à la mort de la grand-mère Phyllis, l’ombre de cet enlèvement continue de hanter chaque membre de la famille.
À travers le clan Fletcher, Taffy Brodesser-Akner observe avec une lucidité redoutable — et un humour souvent mordant — les ravages silencieux de l’argent. Celui qui promet la protection devient illusion, masque, parfois poison. Les blessures demeurent, les failles se creusent. L’auteure dissèque avec finesse les contradictions de ses personnages : leurs échecs amoureux, leurs désillusions professionnelles, leurs obsessions intimes.
On sourit devant la maladresse des uns, l’arrogance des autres, avant de reconnaître, dans chaque trajectoire, une part d’humanité désarmante. De l’après-Seconde Guerre mondiale à nos jours, Le Compromis de Long Island s’impose comme une satire sociale subtile, une grande saga familiale, dense, intelligente, parfois cruelle, mais toujours juste. Un roman ample, traversé d’éclairs de lucidité sur l’identité, le trauma et la quête de sens.
La semaine prochaine, Christine Calmeau reviendra avec un nouveau coup de cœur lecture.
Fini les craquements des vieux 45 tours, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans les petits défauts du passé.
Le coup de coeur littéraire avec Christine Calmeau