Plongez dans les souvenirs de Mimi Lebon , nièce d'Annie Cordy, qui présente la BD « Nini Cordy 1949 ». Un récit mêlant archives familiales et fiction pour célébrer les débuts bruxellois d'une artiste à l'optimisme inébranlable.
L'histoire d'Annie Cordy ne commence pas à Paris dans les années 1950, mais bien en Belgique, là où tout a débuté. Dans un entretien récent, Mimi Lebon, nièce et « fille adoptive » de l'artiste, revient sur la genèse de la bande dessinée "Nini Cordy 1949", un ouvrage qui rend hommage à cette période charnière de sa vie. Mimi Lebon Corman a partagé les 25 dernières années de la vie d'Annie Cordy, vivant et travaillant à ses côtés dans une relation fusionnelle. C’est de cette complicité qu'est née l'envie de faire découvrir Annie aux plus jeunes et de rappeler aux anciens qui elle était vraiment, au-delà de l'image médiatique.
Le récit, publié aux éditions Anspach, est le fruit d'une collaboration étroite entre Mimi, le scénariste Bernard Swysen et le dessinateur Christophe Alvès. Pour construire cette œuvre, Mimi a puisé dans ses souvenirs et les anecdotes familiales qu'elle a entendues durant son enfance. Si l'intrigue policière qui sert de fil conducteur est fictive, le cadre, lui, est d'une authenticité frappante : on y retrouve les bâtiments de Bruxelles d'époque et les personnalités réelles de la famille, comme les grands-parents ou l'oncle de Mimi.
Annie Cordy avant Paris : une meneuse de revue talentueuse Le grand public associe souvent le succès phénoménal d'Annie Cordy à son arrivée en France. Pourtant, en 1949, elle était déjà une meneuse de revue accomplie dans les cabarets bruxellois. Les sources précisent que ce récit permet de mettre en lumière ces débuts méconnus, bien avant que les médias parisiens ne s'emparent de son personnage au début des années 50. Le dessin de Christophe Alvès parvient à capturer cette « réalité esthétique » qui émeut profondément sa nièce, redonnant vie à une Bruxelles disparue.
Une femme de lumière et de discrétion Derrière l'énergie débordante et les 700 chansons de son répertoire se cachait une femme d'une grande pudeur. Mimi Lebon décrit sa tante comme une personne qui se levait toujours du bon pied, habitée par un optimisme constant. Professionnellement, elle était d'une exigence rare, une « impatiente » qui voulait que tout soit exécuté parfaitement et immédiatement.
Cependant, dans l'intimité, elle était un « bonbon », un être réservé qui refusait d'imposer ses chagrins ou ses soucis à son entourage, et encore moins à son public. Pour Annie Cordy, le sourire était un mot d'ordre : elle considérait que sa mission était de rendre les gens heureux.
Un héritage qui perdure Avec une carrière de 70 ans, des dizaines de films et de comédies musicales, Annie Cordy reste une figure monumentale du patrimoine artistique. La bande dessinée apparaît comme un support naturel pour celle qui fut elle-même représentée sous les traits du personnage de Nicotine dans un album d'Astérix et qui vouait une véritable passion pour cet art. Ce « cadeau » que Mimi fait au public est avant tout une mise en lumière de l'humanité profonde d'une artiste qui n'a jamais cessé de briller, même dans les moments difficiles, comme lorsqu'elle chantait « Ma plus jolie chanson » juste après le décès de sa propre mère.