En décembre 1960, Jean Tenenbaum, pas encore connu sous le nom de Jean Ferrat, rencontre son premier succès avec « Ma Môme ». Un hommage vibrant au monde ouvrier qui tapera même dans l'œil de Jean-Luc Godard. Cédric Godart vous raconte cette histoire.
En décembre 1960, celui que le grand public ne connaît pas encore sous le pseudonyme de Jean Ferrat touche enfin au succès. Un an après la signature de son premier contrat chez Decca, Jean Tenenbaum sort « Ma Môme », une chanson composée par ses soins sur des paroles de Pierre Frachet. Loin du glamour et des paillettes de l'époque, le morceau dresse le portrait tendre d'une jeune ouvrière d'usine de la banlieue parisienne, à Créteil. Cette simplicité résonne profondément chez le chanteur : né d'un père ouvrier joaillier et d'une mère ayant travaillé en usine de fleurs artificielles, Ferrat ne joue pas un rôle, il chante le monde dont il est issu.
Porté à ses débuts par le soutien décisif de l'animateur Daniel Filipacchi, le titre envahit les ondes radio et séduit immédiatement les auditeurs par sa sincérité brute. Deux ans plus tard, le destin de la chanson franchit un nouveau cap. En 1962, le réalisateur Jean-Luc Godard choisit d'intégrer « Ma Môme » à la bande originale de son film phare de la Nouvelle Vague, Vivre sa vie, incarné par Anna Karina. Séduit par l'authenticité et le réalisme désarmant de Jean Ferrat, le cinéaste contribue à ancrer définitivement cette chanson dans le patrimoine de la musique française.
Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décennies