Avril 1962, Georges Brassens fête 10 ans de carrière. Mais l'année sera cruelle : crises de colique néphrétique en pleine scène à l'Olympia, mort de sa mère le 31 décembre. Il chantera malgré tout, soir après soir. Un portrait bouleversant d'un artiste qui refuse de s'arrêter.
Nous sommes en avril 1962. Georges Brassens s'apprête à fêter dix ans de carrière sur la scène de Bobino, à Paris. Une année qui s'annonce festive, mais qui va rapidement devenir l'une des plus éprouvantes de sa vie.
Au printemps, il monte un spectacle en hommage au poète Paul Fort, figure tutélaire à laquelle il avait déjà consacré un disque en 1961. C'est dans son ADN : Brassens, c'est la poésie mise en musique.
Mais le 5 décembre, tout bascule. Première à l'Olympia, aux côtés de Nana Mouskouri. La salle est comble. En coulisse, Brassens souffre d'une violente crise de colique néphrétique, l'une des douleurs les plus intenses qui soit. Le directeur Bruno Coquatrix insiste : le spectacle doit continuer. Et Brassens y va, soir après soir, jusqu'au 24 décembre, une ambulance en attente dans les coulisses au cas où. Il ne remettra plus jamais les pieds à l'Olympia.
Le 31 décembre, nouveau coup du destin : il apprend la mort de sa mère. Brassens part pour Sète, puis remonte à Marseille pour chanter ce soir-là à l'Alcazar. Il dira : « Pour la première fois ce soir, elle me voit chanter. »
1962, c'est ça pour Georges Brassens : dix ans de carrière, une douleur physique qu'il refuse de laisser gagner, un deuil transformé en acte de scène. La résilience d'un artiste qui continue de chanter, même quand tout, absolument tout, dit d'arrêter.
Un épisode de Happy Days, Musique et souvenirs des années 60 et 70, le podcast de Nostalgie+.
Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décennies