Avec Fox, Joyce Carol Oates signe un thriller psychologique de 850 pages, glaçant et fascinant, où l’énigmatique Francis Fox dévoile peu à peu son véritable visage. Une polyphonie troublante qui explore manipulation, domination et déni collectif.
Pour inaugurer cette nouvelle année littéraire, Socha retrouve Christine Calmeau et son premier coup de cœur : Fox, l’impressionnant roman de Joyce Carol Oates, publié aux Éditions Philippe Rey. Une œuvre monumentale — près de 850 pages — qui entraîne le lecteur dans les profondeurs de l’âme humaine, avec un thriller psychologique aussi obsédant que dérangeant.
Au cœur de ce maelström : Francis Fox, professeur d’anglais dans une institution huppée du New Jersey. Charismatique, brillant, courtois, il séduit tout le monde : élèves, parents, collègues. Une figure irréprochable en apparence… jusqu’au jour où sa voiture est retrouvée abandonnée dans un marais, entourée de restes humains non identifiables. Dès lors, toute la communauté vacille.
Le détective Horace Zwender est chargé de l’enquête. Il devra exhumer ce que beaucoup préféraient ignorer : pourquoi Francis Fox quitte-t-il chaque établissement au bout d’un an ? Pourquoi son passé est-il une énigme totale ? Que contiennent les carnets qu’il offre à ses plus jeunes élèves ? Et que se passe-t-il réellement derrière la porte close de son bureau durant les heures de permanence ?
Sous la surface rassurante du professeur modèle se tapit un personnage pernicieux, d’une perversité glaciale. Joyce Carol Oates déploie une polyphonie saisissante où chaque voix — parent, élève, collègue, enquêteur — ajoute une strate de vérité ou de déni. Une immersion dans les névroses humaines les plus profondes : fascination, refus de voir, culpabilité silencieuse.
Fox devient alors une étude au scalpel, crue et implacable, sur les rapports de domination, les mécanismes de séduction, la complicité passive, et le silence d’une société qui choisit trop souvent de détourner le regard plutôt que de nommer ses monstres. On n’en sort pas indemne : ce roman dérange, bouscule, éclaire.
Le coup de coeur littéraire avec Christine Calmeau