Avec Je suis né du diable, Jean-Christophe Grangé délaisse le polar pour une autofiction saisissante. Une plongée intime dans l’enfance, entre violence originelle et amour salvateur, où la vérité familiale se révèle parfois plus terrifiante que la fiction.
En ce samedi de lecture, Socha retrouve Christine Calmeau pour un coup de cœur singulier. Un livre inattendu, signé par l’un des grands noms du thriller français, Jean‑Christophe Grangé, mais qui s’aventure ici loin des codes du polar.
Intitulé Je suis né du diable et publié chez Albin Michel, l’ouvrage surprend d’emblée. Habitué aux fresques sombres et haletantes — Les Rivières pourpres, Congo Requiem — Grangé choisit cette fois l’autofiction. Une écriture de soi, brute et troublante, où le réel et le romanesque se confondent.
Tout part d’une question qu’on lui pose inlassablement : « D’où vous viennent des idées pareilles ? ». À force de l’entendre, l’auteur s’interroge. Et si cette violence créatrice puisait sa source dans l’enfance ? Il remonte alors aux origines, à la figure paternelle : un père presque absent, mais décrit comme colérique, manipulateur, jusqu’à une scène glaçante que le livre évoque — et que le lecteur découvrira, saisi.
Pour raconter cette histoire, Grangé convoque plusieurs voix : la sienne, bien sûr, mais aussi celles de sa mère, Michèle, et de sa grand-mère, Andrée. Des femmes auxquelles il rend un hommage bouleversant. Car ce récit n’est pas seulement une descente dans l’ombre : c’est aussi une déclaration d’amour et de gratitude envers celles qui l’ont protégé, porté, et offert une enfance lumineuse malgré le chaos.
Je suis né du diable est une exploration intime où la réalité dépasse parfois la fiction. Un texte puissant, viscéral, qui serre la gorge et ne lâche plus le lecteur, longtemps après la dernière page.
On se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle proposition de lecture.
Fini les craquements des vieilles bandes magnétiques, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans les défauts du temps.
Le coup de coeur littéraire avec Christine Calmeau