Le 11 février 1976, “Calmos” de Bertrand Blier sort en Belgique. Avec Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, cette comédie provocatrice divise et scandalise, devenant un ovni culte du cinéma français.
Nous sommes le 11 février 1976.
Happy Day dans les salles obscures. Enfin... pas pour tout le monde. Un film débarque en Belgique. Interdit aux moins de 18 ans. Réalisé par Bertrand Blier. Avec Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle. C'est déjà un goût d'évasion en soi !
Son titre : "Calmos".
Scandaleux. Antiféministe. Provocateur. Et totalement délirant.
L'histoire ?
Paul est gynécologue. Aigri. Par sa vie professionnelle. Par sa vie conjugale. Un jour, il croise Albert dans la rue. Un quidam qui est, lui aussi, lassé des femmes.
Ils prennent une décision radicale. Faire sécession de la gent féminine. Pour se consacrer à la seule chose qui compte vraiment : la bonne chère.
Croûtes de fromage. Madiran. Pâté. Et liberté masculine.
Sauf que la machine s'emballe. Ces messieurs ne veulent pas juste profiter de la compagnie des hommes. Non. Ils veulent quitter définitivement les femmes. Fuir leurs exigences. Leur monde.
En 1974, Bertrand Blier vient de triompher avec "Les Valseuses". On est en 1975. L'Année Internationale des Femmes. La loi Veil vient d'être votée. Le féminisme est sur toutes les lèvres.
Blier change de plan. Le sujet est explosif ? Ils en feront la plus féroce bouffonnerie imaginable.
Ils reprennent toutes les revendications des militantes féministes. Tous les griefs. Tous les slogans. Et ils les appliquent... aux hommes.
Les hommes deviennent victimes de violence sexuelle. Objets de concupiscence. Sujets de brimades. Rêvant d'une société utopique où ils échapperaient à la domination féminine.
Le résultat ? Catastrophique.
La critique, déjà insensible aux "Valseuses", est cette fois vent debout.
Les uns crient à l'agression réactionnaire. Les autres à l'étalage licencieux du vice. Le public s'étrangle et boude. Les militantes féministes reçoivent l'œuvre comme un crachat.
Un échec cuisant, en tout cas à sa sortie…
En 2010, Blier dira : "Calmos est la plus grosse connerie de ma vie."
Mais c'est peut-être aussi la plus belle.
Blier lui-même expliquera : "Calmos doit être pris comme une farce énorme, écrite avec la plus entière mauvaise foi et qui, par le biais de cette mauvaise foi, débouche sur l'humour."
Une fable. Totalement folle. Totalement libre. Et délicieusement provocatrice, sur une musique de Georges Delerue...
Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décennies