Une année de transition, de bascule douce et parfois brutale. Le monde change, la musique évolue, le cinéma fait rêver, et le quotidien s’organise encore autour de repères bien ancrés. Dans Nos Années Collector, Anouchka Sikorski nous invite à poser le regard sur cette année si particulière.
1970, c’est d’abord une année musicale foisonnante. La jeunesse vit encore à l’heure hippie, tandis que le funk et le disco pointent le bout de leur nez, que le rock se maintient et que la chanson française s’impose durablement. On chante Mike Brant et sa prière Laisse-moi t’aimer, Joe Dassin avec L’Amérique et C’est la vie Lily, Johnny Hallyday qui interpelle avec Jésus Christ, Jean-François Michael et La jolie Candy, sans oublier Free qui électrise les ondes avec All Right Now.
Autour d’eux gravitent Michel Sardou, Barbara, Claude François, Dalida, Françoise Hardy et France Gall.
Mais 1970, c’est aussi un choc pour les fans : The Beatles annoncent leur séparation le 10 avril, par la voix de Paul McCartney. Ils laissent pourtant un dernier cadeau au monde avec Let It Be, numéro un international.
Dans le même temps, le King Elvis Presley triomphe en tournée, rencontre Richard Nixon à la Maison-Blanche et sort The Wonder of You ainsi que l’album On Stage. Et Elton John s’impose avec Your Song, classé dans le top 5 des ventes.
Sur le plan international, 1970 est lourde de sens. Au Chili, Salvador Allende est élu président avant d’être renversé et tué lors du coup d’État mené par Augusto Pinochet, avec le soutien des États-Unis. Une page sombre de l’Histoire. En contrepoint, la guerre du Biafra prend fin.
Le 9 novembre 1970, la France est bouleversée par la mort du général Charles de Gaulle, mettant un terme à l’ère du gaullisme. Dans le même temps, les mouvements féministes émergent, le Concorde fait rêver, et en Belgique, grèves et contestations sociales témoignent d’une jeunesse inquiète pour son avenir. À la télévision, on parle de conquête spatiale et l’on sacre Pelé, roi du football.
Côté cinéma, 1970 enchante les salles obscures. On rit avec Le Gendarme en balade de Jean Girault, on rêve avec Peau d’âne de Jacques Demy et Catherine Deneuve, on frissonne avec Borsalino réunissant Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, et l’on admire Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, dernier rôle dramatique de Bourvil. À l’international, Love Story bouleverse les cœurs, porté par la musique de Francis Lai.
Enfin, l’art de vivre en 1970 reste simple et codifié. Jeans et cols roulés, jupes à plis, anoraks colorés. Les 45 tours tournent sur les pick-up, on lit Salut les Copains et Âge Tendre, on regarde la télévision en famille. Les parents sont stricts, les sujets tabous nombreux, les repas pris ensemble, parfois suivis de la messe du dimanche. Et en filigrane, une chanson semble résumer l’époque : Let it be… qu’il en soit ainsi.
Nos années collector vous invite à remonter le temps, année après année, au cœur des sixties et des seventies. À travers les grandes chansons de l’époque, mais aussi la littérature, le cinéma, la société, le sport et les événements marquants, ce podcast fait renaître l’atmosphère d’années inoubliables, celles qui ont façonné toute une génération.