Nous sommes le 13/02/78. Happy Day pour un gentil loubard parisien. Sa carrière va pouvoir démarrer avec une expression d'argot et un 2e album qui ne va laisser personne indifférent dans les radios françaises. Il s'appelle Renaud. Il a 26 ans.
Happy Day pour un gentil loubard parisien. Sa carrière va enfin pouvoir démarrer avec une expression d'argot et un 2e album qui ne va laisser personne indifférent dans les radios françaises.
Il s'appelle Renaud. Il a 26 ans. Et il vient d'inventer une expression qui va rentrer dans le langage courant.
"Laisse béton."
Le verlan de "laisse tomber". Ça commence... comme un western !
L'histoire nous ramène trois ans plus tôt, en juin 1975.
Renaud s'apprête à monter sur scène dans un restaurant cabaret à Paris. Il a l'idée d'une chanson. L'histoire d'un loubard qui se fait dépouiller par une autre bande de loubards.
Il n'a pas de papier pour écrire. Il prend le paquet de Gitanes qu'il a dans la poche. Et il écrit les paroles en une demi-heure.
Pour la musique, il s'inspire de Bob Dylan. Une mélodie entre rock et blues. Avec du banjo et de l'harmonica. Un côté country qui plaît bien au chanteur émancipé du musette de ses débuts.
Son premier album, "Amoureux de Paname" est juste un succès d'estime. Qui lui permet de chanter en public. Quelques dates en France et en Belgique. Faiblement rémunérées.
Sa chanson "Hexagone" brocarde la France d'alors. Elle est interdite d'antenne sur France Inter pendant la visite du pape en France.
En octobre 1977, son deuxième album sort. "Laisse béton". Renaud abandonne son image de titi parisien. Trop folklorique. Il opte pour celle du gentil loubard au blouson de cuir.
Il impose ses musiciens. La pochette. Et la chanson "Les Charognards" que ses producteurs refusent. Apologie du gangstérisme, disent-ils.
L'album est nettement plus soigné. Arrangements. Mixage. Mais il se vend modestement.
Jusqu'à ce que Polydor mette en vente le 45 tours "Laisse béton".
13 février 1978, il entre DONC au Hit Parade.
Le grand public découvre Renaud. Son look. Son argot parisien. Son verlan.
Il est invité dans toutes les grandes émissions télé. Guy Lux. Drucker. Les Carpentier.
Au printemps 1978, "Laisse béton" se retrouve en tête des hit-parades. 250 à 300 000 exemplaires vendus.
Très vite, il est acclamé au tout récent festival Le Printemps de Bourges. Il vole malgré lui la vedette à Alain Souchon, déjà installé.
Les tubes s'enchaînent. Mais tout commence véritablement ici. Le 13 février 1978. Avec un paquet de Gitanes. Et une expression qui va marquer toute une génération.
Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décennies