Nous sommes le 22 septembre 1976. Happy Day pour les Belges. Quelques jours à peine après sa sortie parisienne, un film débarque dans les salles belges. Son titre est une énigme : "Un éléphant ça trompe énormément".
Nous sommes le 22 septembre 1976.
Happy Day pour les Belges. Quelques jours à peine après sa sortie parisienne, un film débarque dans les salles belges. Son titre est une énigme : "Un éléphant ça trompe énormément".
Réalisé par Yves Robert, avec Jean Rochefort, Claude Brasseur, Guy Bedos et Victor Lanoux, ce film va marquer toute une génération.
À l'écran, quatre amis quadragénaires, bobos avant l'heure, vivent leur existence tranquillement. Jusqu'au jour où Étienne — joué par Jean Rochefort — tombe amoureux d'une jeune femme. Lui, le père de famille comblé, se retrouve partagé entre cette nouvelle idylle et les histoires compliquées de ses trois copains.
Jean Rochefort sous l'emprise d'Anny Duperey...
"Un éléphant ça trompe énormément" n'est pas une comédie burlesque où l'on rit du début à la fin. Non. C'est une comédie de mœurs. Douce-amère. Souvent tendre. Quelquefois noire.
Yves Robert filme le quotidien, le banal, les petites lâchetés, les grandes amitiés. Il montre des hommes qui mentent, qui souffrent, qui se soutiennent. Des personnages imparfaits.
Jean Rochefort incarne Étienne avec ce mélange de maladresse, de mauvaise foi et de lâcheté qui le rend terriblement humain. Victor Lanoux joue Bouli, le rustre macho qui trompe allègrement sa femme... Claude Brasseur, lui, livre un rôle à double face : viril en apparence, mais rongé par un secret. Il cache son homosexualité à ses amis. Et cette contradiction, ce mensonge permanent, le fait souffrir. Un rôle courageux pour l'époque, traité avec humanité, sans caricature.
Et puis il y a Guy Bedos, assisté par sa mère (Marthe Villalonga) en mamma centrale, puissante, ultra-présente. Ils s'entre-dévorent, s'aiment avec un gros cœur et de gros poumons, à voix haute...
Un film millimétré, avec des personnages fouillés et des dialogues piquants. L'adultère d'Étienne sert de fil rouge pour dépeindre les petits mondes satellites de chacun.
Enfin, il y a… la musique ! La grande musique ! Vladimir Cosma signe une bande originale, elle aussi, millimétrée. Le thème principal est léger et mélancolique, il accompagne parfaitement les rêveries d'Étienne. Comme ce petit morceau qui revient sans cesse, avec les sonorités des vagues et des mouettes, quand Rochefort part dans.... ses fantasmes érotiques.
Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décennies