Nos années collector

1974 : choc pétrolier, ABBA “Waterloo”, Coluche à l’Olympia et Carrie de Stephen King

15 mars 2026 | 11 min 40 sec

1974 marque la fin de l’insouciance des Trente Glorieuses. Entre crise pétrolière, tubes d’ABBA et Dalida, succès de Coluche à l’Olympia et cinéma avec La Gifle ou Le Parrain II, la vie continue entre télévision couleur, vinyles et soirées entre amis.

En 1974, le monde découvre les conséquences du premier 1973 oil crisis. Les prix de l’énergie grimpent, l’économie ralentit et le chômage apparaît peu à peu après les années prospères des Trente Glorieuses. Pourtant, dans la vie quotidienne, tout reste encore possible. Beaucoup apprennent leur métier directement sur le terrain. Yvette, 23 ans, travaille comme éducatrice dans un centre pour enfants en difficulté sans formation spécialisée, tandis que son mari Michel vient d’être engagé comme journaliste à la radio de la RTB, après avoir fait ses preuves sur le tas.

Ce soir-là, ils célèbrent cette bonne nouvelle autour d’un whisky-coca et de chips salées. La télévision couleur diffuse distraitement le journal parlé pendant qu’un vinyle tourne sur le pick-up : Mon vieux de Daniel Guichard. Yvette prépare une fondue bourguignonne pendant que Michel s’acharne sur un Rubik’s Cube, inventé par Ernő Rubik, devenu la nouvelle obsession des soirées. Le couple rêve aussi d’une Mini Cooper, mais doit encore économiser : pour l’instant ils roulent toujours dans leur vieille Volkswagen Beetle.

Côté spectacle, 1974 est aussi une année d’humour et de musique. Sur la scène de l’Olympia, Coluche présente son premier one-man-show Mes adieux au Music-Hall et fait rire toute la France avec son sketch culte C’est l’histoire d’un mec. Sur les ondes, les vinyles s’enchaînent : ABBA remporte l’Eurovision Song Contest avec Waterloo, battant notamment Olivia Newton-John. Dans les salons belges, on écoute aussi Dalida avec Gigi l’Amoroso, Dave avec Vanina, Claude François et son émouvant Le téléphone pleure, ou encore Le premier pas de Claude-Michel Schönberg.

Dans l’actualité, l’année est agitée. La télévision française se transforme avec la disparition de ORTF, remplacée par TF1, Antenne 2, FR3 et Radio France. Une affaire spectaculaire marque aussi les esprits : la prise d’otage du célèbre animateur Max Meynier pendant son émission Les Routiers sont sympas sur RTL, finalement résolue sans drame.

Et puis il y a la culture. Le soir, Michel fait des mots croisés pendant qu’Yvette dévore Carrie, premier roman de Stephen King, histoire sombre d’une adolescente harcelée dotée de pouvoirs de télékinésie. Au cinéma, l’année est marquée par The Godfather Part II de Francis Ford Coppola, qui révèle Robert De Niro aux côtés de Marlon Brando. Mais ce dimanche-là, Michel et Yvette préfèrent aller voir La Gifle de Claude Pinoteau, avec Isabelle Adjani, Lino Ventura et Annie Girardot, un film qui parle de divorce, d’autorité parentale et de conflit entre générations.

1974, c’est donc une année charnière : la crise économique pointe, mais la vie continue entre vinyles, cinéma, télévision couleur et soirées entre amis. Une époque où les inquiétudes apparaissent… sans encore faire disparaître le goût de vivre. Une année collector.

A la suite...

Nos années collector

Nos années collector vous invite à remonter le temps, année après année, au cœur des sixties et des seventies. À travers les grandes chansons de l’époque, mais aussi la littérature, le cinéma, la société, le sport et les événements marquants, ce podcast fait renaître l’atmosphère d’années inoubliables, celles qui ont façonné toute une génération.

Nos années collector
1974 : choc pétrolier, ABBA “Waterloo”, Coluche à l’Olympia et Carrie de Stephen King
00:00
00:00