Une ballade qui cache bien son jeu ! Loin d'être une simple romance, le tube planétaire des Korgis est né d'une quête spirituelle en 15 minutes. Entre synthétiseurs envoûtants et cithare chinoise, découvrez comment James Warren a transformé la méditation en succès numéro 1 en France.
Nous sommes le 1er octobre 1979.
Happy Day pour James et Andy. Les deux membres des Korgis entrent aujourd'hui en studio pour enregistrer leur deuxième album. Et cela va prendre du temps : jusqu'en mars 1980.
Parmi les chansons : une ballade lente. Mélancolique. Ils ne le savent pas encore, mais elle va devenir un monument.
Titre choisi : "Everybody's Got to Learn Sometime".
Et c'est, en apparence, un bain de douceur sentimentale…
James Warren et Andy Davis travaillent ensemble depuis le début des années 1970.
Ils se sont rencontrés au sein d’un groupe de pop inspiré des Beatles.
En 1979, ils forment The Korgis. Un duo. Leur premier album sort dans la foulée, mais sans grand retentissement. C'est le deuxième qui va tout changer.
"Dumb Waiters". Les serveurs muets. Et c'est sur cet album que figure la fameuse ballade...
James Warren raconte l'histoire de la chanson.
Un jour, il est dans son appartement à Bath, dans le Somerset. Il a un piano. Il s'en sert pour trouver des idées de chansons.
Il joue des accords. Une mélodie. Et il chante la première chose qui lui vient à l'esprit.
La chanson s'écrit en 10 ou 15 minutes.
Il vise une ballade lente. Traînante. Qui va plaire aux radios américaines.
Le producteur David Lord ajoute ensuite l'arrangement. Les cordes. La profondeur.
L'instrument distinctif qu'on entend après chaque refrain ? Un guzheng. Une cithare chinoise à dix-huit cordes.
Écoutez !
Le synthétiseur de Phil Harrison devient le son principal.
Les paroles sont simples. Épurées. Mais avec un message direct.
James Warren explique :
"À cette époque, je m'intéressais aux philosophies New Age. Travailler sur soi-même. La méditation. Toute la chanson vient de là. Ce n'était pas du tout une chanson romantique. Pour moi, il s'agissait d'un individu qui change et devient une personne différente, meilleure. C'était littéralement une chanson philosophique."
Le 11 avril 1980, "Everybody's Got to Learn Sometimes" sort en 45 tours.
Le succès est fulgurant.
Numéro 5 au Royaume-Uni. Numéro 18 en Amérique. Ne me demandez pas pourquoi, numéro 14 en Belgique.
Mais… Numéro 1 en France. Numéro 1 en Espagne.
C'est le sommet de la carrière des Korgis.
Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décennies