Le 23 octobre 1978, une face B s'apprête à conquérir le monde et à changer le destin de Gloria Gaynor. Née d'une rupture douloureuse, cette chanson de rédemption passe du piano mélancolique au rythme effréné du disco pour devenir un message universel de force et de résilience.
Nous sommes le 23 octobre 1978.
Happy Day pour une Américaine élevée dans le New Jersey. À 25 ans, la face B de son nouveau 45 tours va connaître un fabuleux destin.
C'est l'histoire d'une femme qui vient d'être quittée et qui annonce à son ex partenaire qu'il n'est pas question de revenir en arrière.
Titre choisi : "I Will Survive". Je survivrai.
Mais avant la rédemption, il y a la complainte. Au piano.
"First I was afraid, I was petrified..."
D'abord, j'avais peur. J'étais pétrifiée.
Mais j'ai passé tant de nuits à penser à tout le mal que tu m'as fait.
Cela m'a rendu plus forte. J'ai appris à m'en sortir.
Le message est clair. Radical. Universel.
Une femme qui se relève. Qui refuse de retomber. Qui affirme sa force.
Gloria Gaynor n'est pas une inconnue en 1978.
Elle est déjà une figure du disco bien connue, avec des tubes comme "Never Can Say Goodbye" en 1974.
Mais avec "I Will Survive", TOUT va tout changer.
Enregistrée à l'origine comme face B du single "Substitute", je le disais, les DJs dans les clubs préfèrent la face B. Ils la passent. Encore et encore. Le public s'embrase.
Polydor décide de la sortir en single principal.
En France, Régine reprend la chanson. "Je survivrai". Elle en fait sa version à elle. Conquérante. Théâtrale. Mais un peu franchouilarde, quand même...
Pour en revenir à Gloria, le succès est mondial.
Numéro 1 au Billboard en mars 1979. Pendant trois semaines.
Numéro 1 au Royaume-Uni. En Belgique. En France. Dans une vingtaine de pays.
Plus de 14 millions d'exemplaires vendus dans le monde.
Des remixes et des reprises à la pelle.
La chanson devient un hymne. Pour les femmes. Mais aussi, curieusement, dans les milieux gay, où Gloria devient une nouvelle égérie. Et pour cause, la chanson de parle de celles et de ceux qui se relèvent après une épreuve.
Gloria Gaynor recevra le Grammy Award de la meilleure chanteuse R&B en 1980. La chanson est inscrite au registre national la Bibliothèque du Congrès américain en 2016. Pour sa "signification culturelle, historique et esthétique".
Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décennies