Avec Sabine Mathus et Fabrice Staal, retour sur la naissance du clip vidéo, bien avant MTV. De Télé-Luxembourg à la Villa Louvigny, des stars internationales aux coulisses oubliées, Zegnor célèbre aussi son premier anniversaire avec un nouveau nom.
Chaque vendredi, Sabine Mathus retrouve Fabrice Staal pour feuilleter ensemble l’album de nos souvenirs audiovisuels. Et ce rendez-vous a une saveur toute particulière : le magazine Zénior fête son premier anniversaire… et devient Zenio. Un nom plus doux, plus zen, plus positif, à l’image de ses lecteurs. Même équipe, même esprit, simplement une maturité assumée.
Dans ce tout premier numéro de Zenio, Fabrice s’attaque à un sujet qui a bouleversé notre manière d’écouter la musique : l’histoire du clip vidéo. Et contrairement aux idées reçues, tout ne commence pas avec MTV.
À la fin des années 70, c’est bien Télé-Luxembourg qui ouvre la voie. Un homme y joue un rôle clé : René Steichen, surnommé le sorcier de l’image. Avec André Torrent, il convainc la direction de créer RTL Productions. L’objectif ? Produire des clips en interne, à l’américaine, pour éviter aux artistes de courir d’un plateau à l’autre.
La Villa Louvigny devient alors le passage obligé des stars. Julio Iglesias, Nana Mouskouri, Charles Aznavour, Shirley Bassey, Lio et son mythique Banana Split y défilent, tout comme Michel Polnareff ou Claude François.
Fabrice partage d’ailleurs une anecdote savoureuse : arrivé pour interpréter Alexandrie Alexandra, Claude François se repose dans la loge maquillage de Michèle Etzel, immense admiratrice du chanteur. Lorsqu’elle le découvre… elle referme la porte et s’enfuit, submergée par l’émotion. Une scène digne d’un film, racontée aujourd’hui avec tendresse.
Puis vient le 1er août 1981. À New York, un entrepreneur lance une chaîne entièrement dédiée aux clips : MTV. Le succès est fulgurant. Madonna dira plus tard que sans MTV, sa carrière n’aurait jamais explosé aussi vite.
Face à cette vague américaine, les chaînes européennes réagissent. RTL, la RTBF, Antenne 2 créent leurs propres émissions musicales pour mettre en avant les artistes et leurs clips. Une époque foisonnante, créative, où l’image devient indissociable de la chanson.
Mais Internet et YouTube rebattent les cartes. MTV tente alors un virage vers la télé-réalité, sans jamais retrouver son aura musicale. Et le couperet tombe : le 31 décembre dernier, MTV ferme ses chaînes musicales. Une page se tourne définitivement.
Fabrice Staal rejoint Sabine Mathus dans Entre-nous pour feuilleter Zenio, le magazine 100 % positif qui réveille nos souvenirs. Au programme : confidences et archives autour des grandes idoles des années 60 et 70… comme si l’on rouvrait l’album de famille.