Le loup est revenu… et avec lui, des questions essentielles. Dans cette 2e partie de Connexion Nature, Socha et Amir explorent les raisons de ce retour, les craintes qu’il suscite et les pistes de cohabitation possibles.
Après avoir retracé le retour du loup en Belgique, cette seconde partie de Connexion Nature s’attarde sur les raisons profondes de cette réapparition et sur les débats qu’elle suscite. Car le loup ne revient jamais sans provoquer des émotions contrastées.
Amir identifie quatre facteurs majeurs expliquant cette recolonisation naturelle. Tout d’abord, l’augmentation importante des populations de grands ongulés — cerfs, chevreuils, sangliers — observée depuis une trentaine d’années. Ensuite, le statut de protection européenne accordé au loup depuis la Convention de Berne de 1979, qui a mis fin à sa persécution systématique. À cela s’ajoute la déprise agricole dans certaines régions de France et d’Allemagne, offrant au loup de nouveaux espaces plus favorables. Enfin, il faut souligner l’extraordinaire capacité de dispersion de l’animal, capable de parcourir de très longues distances et de traverser des zones fortement urbanisées.
Ce retour suscite un enthousiasme réel. Le loup reste un symbole puissant de la nature sauvage, un animal qui nourrit l’imaginaire collectif et rappelle que le vivant peut encore reprendre sa place. Mais il engendre aussi des inquiétudes, notamment chez les éleveurs de troupeaux ovins et caprins. La question centrale devient alors celle de la cohabitation.
Dès 2020, la Wallonie a mis en place un Plan de cohabitation visant à équilibrer la présence du loup et les activités humaines. Ce plan comprend la protection renforcée des tanières, le suivi des individus, la surveillance des zones fréquentées, mais aussi un accompagnement concret des éleveurs : indemnisations élargies, kits de protection et aides financières.
Face aux peurs du grand public, Amir rappelle que le loup est avant tout craintif. Les mythes et légendes ont forgé une image inquiétante, souvent éloignée de la réalité. Croiser un loup reste extrêmement rare et relève d’une chance exceptionnelle. En cas de rencontre, il convient de rester debout, de ne pas lui tourner le dos et surtout de ne jamais approcher des louveteaux. Si l’animal s’approchait — ce qui est très peu probable — il faut faire du bruit et de grands gestes. Toute observation peut être signalée au Réseau Loup, qui centralise et analyse les indices de présence.
En guise de conclusion, Amir ouvre une réflexion plus large. Le retour du loup nous rappelle que l’être humain n’est pas seul sur Terre. Dans un pays petit, densément peuplé et quadrillé de routes, la question se pose : comment laisser une place au sauvage à nos côtés ? Une interrogation profonde, qui dépasse largement le cadre de cette chronique… mais qui mérite d’être posée.
Chaque semaine, Amir Bouyahi de « Connexion Nature » nous parle du monde vivant qui nous entoure. Découvrez comment la nature évolue, comment la préserver et l'observer.