Nos années collector

1971 : de la Lune à Melody Nelson, des pattes d’eph’ à Imagine… une année de bascule

7 février 2026 | 9 min 35 sec

1971 souffle un vent de changement profond. Le monde regarde la Lune tout en doutant de son avenir, les sociétés se transforment, les mentalités s’entrechoquent, et la musique accompagne chaque frémissement.

En 1971, le monde est en pleine mutation. En février, la mission Apollo 14 se pose sur la Lune, et l’astronaute Alan Shepard y joue quelques coups de golf, symbole d’un optimisme technologique encore intact. Mais sur Terre, les secousses sont bien réelles : le président Richard Nixon met fin à la convertibilité du dollar en or, bouleversant durablement l’économie mondiale.

En Belgique, l’année est marquée par la première réforme de l’État : les compétences culturelles sont confiées aux nouvelles communautés, amorçant la décentralisation du pays. Les élections voient la montée des partis régionalistes comme le Rassemblement Wallon, tandis que les agriculteurs manifestent massivement, révélant un profond malaise rural. À l’international, 1971 voit aussi la naissance de Greenpeace, l’ouverture de Walt Disney World, l’introduction de la TVA en Belgique, et une avancée historique en Suisse avec le droit de vote accordé aux femmes.

Dans les maisons et les villages, le confort moderne s’installe progressivement. Robots ménagers et yaourtières font leur apparition, même si les traditions restent bien ancrées. Le café du coin demeure le centre névralgique de la vie sociale, autour d’une Jupiler ou d’une Stella, pendant que l’on refait le monde. Les pantalons pattes d’éléphant et les cheveux longs marquent la jeunesse, mais les collèges ne sont pas encore tous mixtes, et une femme divorcée reste souvent mal perçue. Les anciens métiers – houilleurs, tanneurs, poinçonneurs – cohabitent encore avec les signes d’une modernité naissante. Au petit déjeuner, on savoure un café au lait accompagné d’une tartine de sirop de Liège ou de fromage de Herve.

Côté culture, 1971 ose et dérange. En librairie, Malina de Ingeborg Bachmann interroge l’identité féminine, tandis que Georges Simenon poursuit les enquêtes de Maigret. Le prix Nobel de littérature est attribué au poète chilien Pablo Neruda. En France, le Manifeste des 343, rédigé par Simone de Beauvoir et signé notamment par Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Marguerite Duras ou Catherine Deneuve, secoue la société sur la question de l’avortement, préparant le terrain de la future loi Veil.

Au cinéma, le choc est double : A Clockwork Orange de Stanley Kubrick interroge la violence humaine, tandis que La Folie des grandeurs fait rire le public français avec Louis de Funès et Yves Montand, sur une musique composée par Michel Polnareff.

Enfin, la musique offre la bande-son de cette année de transition. Michel Delpech adoucit les ondes avec Pour un flirt, Joe Dassin fait rêver avec L’Amérique, tandis que Serge Gainsbourg bouleverse avec l’album Histoire de Melody Nelson. Les Les Poppys, messagers de paix, connaissent un succès international fulgurant. À l’étranger, Rod Stewart chante Maggie May, George Harrison touche le monde avec My Sweet Lord, John Lennon appelle à la paix avec Imagine, tandis que Middle of the Road fait danser avec Chirpy Chirpy Cheep Cheep. En Belgique, on se retrouve dans les bals populaires au son de Mike Brant ou Nicoletta.

A la suite...

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Nos années collector vous invite à remonter le temps, année après année, au cœur des sixties et des seventies. À travers les grandes chansons de l’époque, mais aussi la littérature, le cinéma, la société, le sport et les événements marquants, ce podcast fait renaître l’atmosphère d’années inoubliables, celles qui ont façonné toute une génération.

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1971 : de la Lune à Melody Nelson, des pattes d’eph’ à Imagine… une année de bascule
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