Nos années collector

1962 : De l'adieu à Marilyn Monroe au sacre de Johnny Hallyday et Françoise Hardy

6 juin 2026 | 13 min

Plongez en 1962 à La Louvière. Entre l'indépendance de l'Algérie, la crise de Cuba et la fin tragique de Marilyn Monroe, revivez une année rythmée par l'éveil des Beatles et la mélancolie de Françoise Hardy. Un voyage nostalgique au cœur du pays noir et de ses traditions.

L’année 1962 s’ouvre sur les paysages industriels de La Louvière, une cité dont l’âme ouvrière et fière bat au rythme des hauts fourneaux, des verreries et des charbonnages qui dessinent l'horizon du pays noir. C’est une ville de labeur et de solidarité où, le samedi soir, les cafés restent ouverts tard pour accueillir les hommes venant jouer aux cartes autour d'une bière après une rude journée de travail. C’est aussi une terre de traditions populaires, marquée par l’enthousiasme du carnaval du Laetare, ses géants en papier mâché et ses Gilles dégustant des huîtres au champagne dès l’aube. Dans la rue Sylvain Guyaux, la famille Maquet incarne ce quotidien stable et chaleureux des Trente Glorieuses. Fernand, le père, est un ouvrier qualifié aux ateliers de construction mécanique, tandis qu’Angèle, la mère, partage son temps entre la bibliothèque communale et sa machine à coudre Singer. Leurs deux enfants, Daniel, quinze ans, et Brigitte, onze ans, grandissent dans ce décor où le canal du Centre voit passer les péniches chargées d’acier, manœuvrées par d’impressionnants ascenseurs hydrauliques que la famille aime admirer lors des promenades dominicales. Les matinées commencent invariablement autour du poêle à charbon et de l’odeur du café qui frémit, accompagnés du pain blanc et des couques au beurre du boulanger Renard, ainsi que du beurre de ferme acheté au marché couvert.

Pourtant, le monde extérieur s’invite avec force dans le salon familial à travers une télévision en noir et blanc dont l'antenne râteau sur le toit nécessite souvent d’être réorientée manuellement par Fernand pour éviter les images « enneigées ». L’année 1962 est le théâtre de secousses historiques majeures : la décolonisation de l’Algérie, qui accède à l’indépendance le 5 juillet après huit ans de guerre, et celle de l’Ouganda quelques mois plus tard. Mais c’est l’annonce du décès de Marilyn Monroe, le 4 août à Los Angeles, qui marque les esprits. À seulement trente-six ans, l’icône qui ne souhaitait qu’être « merveilleuse » s’éteint, laissant derrière elle une image de femme aussi sublime que blessée. Les tensions de la Guerre froide pèsent également sur le foyer ; on y évoque la crise des missiles de Cuba, où l’humanité a frisé la catastrophe nucléaire, ainsi que l’intensification de la guerre du Vietnam. À l'inverse, des notes d'espoir et de futurisme percent le quotidien, comme l'appel de l'ONU pour l'arrêt des essais atomiques, les tests de l'aérotrain de Jean Bertin ou la présentation d'un prototype de téléphone sans fil à l'exposition universelle de Seattle, un gadget révolutionnaire qui fascine l'adolescent Daniel.

La culture occupe une place prépondérante dans la vie d'Angèle, qui s'émancipe doucement grâce à son travail à la bibliothèque et ses sorties avec le cercle des femmes prévoyantes. Elle est captivée par le film noir Le Septième Juré de Georges Lautner, porté par l'interprétation de Bernard Blier. Ses lectures l'amènent à suivre l'actualité de Jean Cocteau, qui vit alors une période de création intense malgré une santé défaillante, publiant Le Cordon ombilical et concevant la scénographie de l'opéra Pelléas et Mélisande. Parallèlement, Jean Marais continue d'impressionner le monde du cinéma en réalisant ses propres cascades, notamment dans Le Masque de fer. Dans les chambres des enfants, la musique opère une véritable révolution. Daniel écoute en boucle Johnny Hallyday et son tube « Retiens la nuit », ainsi que les Beach Boys. On y entend aussi la mélancolie de Françoise Hardy avec « Tous les garçons et les filles », tandis que Brigitte préfère l’histoire du « Lion est mort ce soir » d’Henri Salvador ou la poésie de Jacques Brel dans « Le Plat Pays ». C’est enfin l’année d’une erreur historique monumentale dans l'industrie musicale : le refus du groupe les Beatles par le directeur artistique de Decca, persuadé que les groupes de guitares n’étaient plus à la mode. Une décision que l’histoire ne tardera pas à démentir avec l’explosion planétaire des quatre garçons de Liverpool.

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Nos années collector vous invite à remonter le temps, année après année, au cœur des sixties et des seventies. À travers les grandes chansons de l’époque, mais aussi la littérature, le cinéma, la société, le sport et les événements marquants, ce podcast fait renaître l’atmosphère d’années inoubliables, celles qui ont façonné toute une génération.

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1962 : De l'adieu à Marilyn Monroe au sacre de Johnny Hallyday et Françoise Hardy
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