Voyagez en 1977 à Arlon avec Esther et Joseline. Entre la fin d'Elvis, l'éclosion du punk, l'arrivée de la Golf GTI et les débuts d'Apple, revivez une année de contrastes au cœur de la cité romaine, rythmée par les tubes de Laurent Voulzy et Francis Cabrel.
L’année 1977 s’ouvre sur les pavés d’Arlon, la cité gallo-romaine et capitale de la province de Luxembourg, où les maisons en pierre jaune se serrent les unes contre les autres pour braver la rigueur du climat ardennais. C’est ici, rue de Chopac, que vivent Esther, onze ans, et sa petite sœur Joseline, huit ans, au sein d’un foyer animé par leurs parents : Serge Bartelli, médecin de quartier dévoué, et Noella, ancienne infirmière qui gère désormais le cabinet et la vie familiale. À Arlon, la vie s’écoule entre les vestiges archéologiques et les terrasses de la place Léopold où l’on déguste un verre de Maitrank, tandis que les deux sœurs arpentent les rues à pied pour se rendre à l’école. Leurs lourds cartables en cuir renferment des cahiers protégés de papier bleu et des plumiers garnis de stylos Waterman et de buvards roses, outils indispensables d’une époque où les photocopies n’existent pas encore et où tout se recopie à la main. Sur le chemin du retour, le rituel est immuable : un arrêt à la boulangerie pour dépenser quelques francs belges en bonbons, entre les rouleaux de réglisse et les précieux Malabars dont Joseline collectionne les horoscopes.
Au domicile des Bartelli, la modernité s’installe par petites touches technologiques. Serge conduit une rutilante Volkswagen Golf GTI bordeaux, symbole de liberté pour des escapades vers Bruxelles, tandis que le salon accueille une télévision en couleur équipée d’une télécommande, évitant enfin de se lever pour changer l'une des six chaînes captées grâce à la situation frontalière de la ville. Les actualités mondiales défilent sur l'écran : l’investiture de Jimmy Carter aux États-Unis, la présentation de l'Apple II par Steve Jobs, ou encore les tensions en Tchécoslovaquie avec la Charte 77. En Belgique, le pays traverse une crise institutionnelle provoquant la démission de Léo Tindemans, alors qu'on adopte pour la première fois le changement d'heure pour faire face au choc pétrolier. Côté sport, le cyclisme belge brille avec l'exploit de Roger De Vlaeminck, surnommé « Monsieur Paris-Roubaix », qui remporte l'Enfer du Nord pour la quatrième fois.
La bande-son de 1977 est un véritable tourbillon de genres musicaux qui s'affrontent dans chaque pièce de la maison. Alors qu’Esther pleure la mort d’Elvis Presley en écoutant « My Way », le salon vibre au son d’ABBA avec « The Name of the Game », omniprésent sur les ondes. Dans sa chambre, leur cousin Patrick provoque les parents en jouant le brûlot punk des Sex Pistols, « God Save the Queen », ou le sublime « Heroes » de David Bowie, enregistré au pied du mur de Berlin. La chanson française connaît également un âge d’or avec l’éclosion de Francis Cabrel chantant « Petite Marie », le triomphe de Laurent Voulzy avec sa « Rockollection » et l’insolence de Renaud qui impose son style avec « Laisse béton ». Pour Serge, le retour des tournées médicales se fait dans le calme au son de « Si maman si » de France Gall, une mélodie qui apaise les fatigues de la journée.
L’éveil intellectuel de 1977 se poursuit avec des méthodes pédagogiques innovantes comme les réglettes Cuisenaire, ces bâtonnets colorés dont Joseline ne se sépare jamais pour exceller en mathématiques. Les lectures de fin d'année sont riches, allant de l'adaptation de « Heidi » aux contes régionaux de Bernard Jacob dans « Enfant d'Arden », sans oublier les nouvelles aventures de Spirou et Fantasio ou les gags de Léonard et Boule et Bill. À la télévision, alors que les petits s'endorment avec Nounours, Esther et Joseline rient devant les sketches de « Clafouti » avec Marion et Stéphane Steeman, tandis que les parents s'évadent devant les enquêtes du commissaire Maigret. Entre les traditions d’une cité romaine et l'énergie d'un monde qui s'électrise, l’année 1977 s’inscrit pour la famille Bartelli comme un collector inoubliable, marqué par un optimisme qui semble défier le temps.
Nos années collector vous invite à remonter le temps, année après année, au cœur des sixties et des seventies. À travers les grandes chansons de l’époque, mais aussi la littérature, le cinéma, la société, le sport et les événements marquants, ce podcast fait renaître l’atmosphère d’années inoubliables, celles qui ont façonné toute une génération.